Perfection de Claude Minière

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Ne dit-on pas frôler la perfection ? Et n'est-ce pas mais dans un sens autre que le sens habituel ce que fait ici Claude Minière (même si on lui accordera aussi volontiers de frôler la perfection au sens propre !). La perfection, il tente de l'effleurer, de s'en approcher, avec des mots, simples, avec l'aide de quelques grands aînés à peine sollicités, Héraclite, Hölderlin, Barnett Newman, Tchouang-Tseu. Car il sait bien que la perfection ne se laisse jamais FIXER ou FIGER. Que même si elle "brille pas son absence", elle est là, souvent, bien mieux bien plus qu'on ne veut qu'on ne peut le croire. Alors pour la frôler, l'effleurer, il procède un peu comme qui voudrait mettre du sel sur la queue d'un oiseau, il change de tactique, un aphorisme, un croquis, une méditation. Écoutant, regardant, il ne se mêle pas, lui, ne se mêle pas de, non plus, laissant se faire "l'irruption d'un bonheur". En à peine quarante textes, avec une discrétion de perfection : "L"exploration des fleurs traverse les rites et les pleurs".

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Perfection inaugure symboliquement la collection «Stanze» des Éditions Rouge Profond, dont la direction éditoriale est assurée par Guy Astic et Christian Tarting. Une collection qui voudrait "traiter les questions d'esthétique (contemporaines mais aussi plus anciennes) selon une essentielle logique d'écriture – reconnaissant là une condition première à la vitalité de la pensée".
Perfection de Claude Minière semble à ce titre emblématique de cette volonté, Claude Minière qui donne aussi dans la même collection Traité du Scandale.

Un extrait de Perfection

On ne se représente pas la perfection.

Sur la mer blanche, le dauphin bondissant d'Hölderlin et de Pindare.

Dans le grand marronnier, une cascade d'air et de plumes.

« dont la phrase ressemble à un geste »

Erato, éros, errance…..

Claude Minière, Perfection, Rouge Profond Éditions, 2005, p. 15


Un extrait de
Traité du Scandale

quinzième leçon


Un débat, un début qui se perd


La poésie, certes, est de la pensée. Mais parce que cette pensée est
poésie – est fureur, rythme, profusion -, elle est perte. Comment peut-elle être perte et œuvre ? Elle peut l'être dans le temps d'un objet (d'un sujet) qui se «reconstitue»… Et puisque le scandale est la vertu de la poésie

Claude Minière, Traité du Scandale, Rouge Profond Éditions.

Chaque livre, 56 pages, 10 €, diffusion Harmonia Mundi.