Traction-Brabant

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Traction-Brabant (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice Maltaverne (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice Vigues (illustrations).


Traction-Brabant existe aussi et surtout sous sa version papier à une centaine d'exemplaires. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

Traction-Brabant n'est pas une association, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, Traction-Brabant est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs parus dans Traction-Brabant sont environ cent dix à l'heure actuelle.
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« La poésie est en train de sécher sur pied, comme une pute assise sur le dernier tabouret, un lundi soir. »
Charles Bukowski

C’est l’histoire d’un type dégarni sur le haut du crâne, un type qui dirige une société d’imprimerie, un type qui collectionne les premières éditions des poètes américains – Whitman, Melville, Fitzgerald.. - un type qui n’est pas éditeur pour deux sous. Son nom : John Martin. Et John Martin cherche.
C’est l’histoire d’une revue à diffusion confidentielle, « The Outsider », dirigée par un certain John Webb, 3 ans de taules au compteur, tombé pour le braquage d’une joaillerie.

C’est l’histoire d’un type avec une gueule ravagée par l’acné, un gros bide, un postier qui trie des lettres 12 heures par nuit, qui se couche, et puis qui se lève 8 heures plus loin avec le soleil de Californie du Sud qui filtre à travers les rideaux de Californie du Sud, descend une bière, et cogne comme un sourd sur les touches de sa machine à écrire. Son nom : Charles Bukowski. Aux yeux des revues littéraires pour vieux cons ou jeunes branchés – ce qui revient à peu près au même - et à large diffusion, c’est un zéro. Quelque chose de gras qui te poisse entre les doigts. Comme de la merde ? C’est ça. Exactement ça.
Par quelle opération du Saint Esprit, j’en sais rien, mais Bukowski va écrire à John Webb, lequel va lui consacrer 6 pages dans le numéro 2 de « The Outsider » Le numéro 3 du printemps 63 le verra en couverture et lui sera presque entièrement consacré. John Martin va le tenir entre ses mains ce numéro 3 de « The Outsider » Et John Martin va enfin trouver ce qu’il cherchait. Et John Martin va vendre son imprimerie, fonder la boite d’édition Black Sparrow, et publier Charles Bukowski.
Une bière, s’il vous plait.

« CHIFFONS ! BOUTEILLES ! SACS ! »

Et tandis que les journalistes parisiens en sont toujours à se gratter le moignon pour essayer de comprendre pourquoi les auteurs américains écrivent de si grands livres et les auteurs français… Attends, tu me fatigues, je t’arrête tout de suite. Tu connais René Bourdet ? Il a écrit cette chose :

Un orage dévore tes cheveux
Où tes pas te portent
Ne puis passer
Il est tard pour moi
Un train fantôme t’emporte
Et le pas feutré des juments
Fatiguées me poursuit

Ou encore ce Rick Hunter :

postérieur spécial
sorte de cœur dans la fente
menstrues sous jeans blanc

Tout ça, et beaucoup plus – Il faut lire la « Nékro » déjantée de GG Allin, le dernier vrai punk, par Regis Belloeil – Tout ça, et beaucoup plus, je disais, c’est dans le Traction Brabant n°20, le numéro d’Octobre, le zine poétique de Patrice Maltaverne.
The Outsider  coûtait à l’époque 3 dollars.
Traction Brabant coûte 2 euros.

 

« La littérature française est en train de sécher sur pied, comme une pute assise sur le dernier tabouret, un lundi soir. »

 

©Sébastien Ayreault