Rencontre avec le poète et plasticien Eduardo Kac, à Paris, le 8 juin 2007

Dans le cadre de "L'Atelier contemporain Actualités de la recherche et de la poésie", l'UMR 7171 Écritures de la modernité recevra le vendredi 8 juin, de 17 à 19 h, le poète et plasticien Eduardo Kac, pionnier de la poésie informatique et de la "biopoésie".

 

Université de Paris III
Centre Censier, 4ème étage, Salle 410
13 rue de Santeuil 75005 Paris

 

Né à Rio en 1962, Eduardo Kac (http://www.ekac.org) enseigne à l’Art Institute de Chicago. Il a élaboré des formes poétiques fondées sur la performance, avant d’interroger les possibilités de création offertes par les nouvelles technologies.
A partir de 1983, il développe une poésie holographique (holopoésie), jouant sur l’altération du texte en fonction du déplacement du spectateur et cherchant à créer une « instabilité textuelle » et un « signe fluide », qui ne serait ni un mot ni une image, mais un objet en état permanent de mutation, un espace instable, par opposition à la page fixe. Il utilise aussi l'ordinateur pour construire un « langage animé qui fuit et résiste à l'interprétation », et crée ses premières oeuvres poétiques électroniques en 1984 (avec notamment, en 1985, des poèmes en ligne pour le Minitel). La plupart de ses poèmes numériques sont disponibles sur son site web (www.ekac.org/multimedia.html).

Parallèlement, à partir du milieu des années, Kac crée des œuvres de « bioart », notamment le lapin fluorescent Alba, évoqué par Olivier Cadiot dans l’un de ses romans. En 2002, dans son essai Biopoésie, Kac propose d'employer « les biotechnologies et les organismes vivants en poésie comme un champ nouveau pour la création ». Ce manifeste établit la liste « d'une vingtaine de réalisations envisageables pour un tel projet – qui n'a rien de facétieux. En effet, il s’appuie sur l'évolution des savoirs en matière de communication animale, ou sur les similitudes que la science contemporaine a découvertes entre les mécanismes de l'ADN et des pratiques d'écriture comme la copie ou la traduction. La biopoésie expose les transformations dont font l'objet aujourd'hui nos conceptions du vivant et de la notion de texte, tout en soumettant la poésie elle-même à une forme de fusion avec de nouveaux médiums ou objets, qui dérange les compartimentations disciplinaires. » (H. Marchal, La Poésie, Flammarion, 2007).
Cette rencontre sera l'occasion de s'interroger sur les frontières actuelles de la poésie et sur son rapport avec les nouvelles technologies et les pratiques scientifiques. Peut-on utiliser la génétique pour créer des OGM "poétiques" ? Construire des textes pour un public d'éléphants ? Proposer des poèmes sous forme d'hologrammes ? Pour quels effets et quels enjeux ?

 

Équipe Recherches sur la poésie contemporaine
UMR 7171 « Écritures de la modernité »
CNRS / Université Paris III – Sorbonne Nouvelle
Responsable : Michel Collot
Contact : Dominique Simon, 01 45 87 41 08
Dominique.Simon@univ-paris3.fr
L'atelier contemporain se veut le lieu d'une information permanente, d'une réflexion exigeante et d'une discussion vivante sur le travail en cours des poètes et des chercheurs qui s'intéressent à la poésie. On y interrogera leurs productions récentes, dans un esprit d'ouverture aux diverses tendances de la création et de la critique, mais sans complaisance et avec le recul nécessaire à un véritable dialogue entre les poètes et leurs lecteurs.
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