[notes sur la création] Ezra Pound



Dans son livre Comment lire (traduction de Philippe Mikriammos), Ezra Pound propose une sorte de plan de lecture, ce qu’il appelle une « base minimale d’une éduction saine et libérale en matière de belles-lettres » .  
Il s’adresse bien entendu à un lecteur de langue anglaise mais ses suggestions portent souvent sur des versions en français des œuvres antiques. 
 
« CONFUCIUS – Tout (faute de version anglaise complète et intelligente, apprendre le chinois ou recourir à la version française de Pauthier) 
HOMÈRE – Tout (calques latins, Hugues Salel en français, rien de satisfaisant en anglais, encore qu’on puisse piocher dans Chapman) 
OVIDE – Et les poètes latins “personnels”,  Catulle et Properce (Métamorphoses de Golding, Amores de Marlowe. Pas de version satisfaisante de Catulle en anglais.) 
UN RECUEIL DE CHANSONS PROVENÇALES – Avec renvois aux minnesänger, et à Bion, une trentaine de poèmes en tout.  
DANTE – “et son milieu” à savoir Dante, et trente poèmes de ses contemporains, surtout ceux de Guido Cavalcanti. 
VILLON –  
PAR PARENTHÈSE – Ajouter éventuellement encore un peu de matière médiévale, ainsi qu’un aperçu de la pensée au cours de la Renaissance.  
VOLTAIRE – À savoir, une incursion dans ses écrits critiques, non ses tentatives dans la fiction ni la tragédie, ainsi qu’une petite plongée chez ses contemporains (prose). 
STENDHAL – (Au moins un livre et demi). 
FLAUBERT (en laissant de côté Salammbô et La Tentation) – et Les Goncourt. 
GAUTIER, CORBIÈRE, RIMBAUD 
Pas de quoi surcharger de travail l’étudiant qui fait ses trois ou quatre ans. Après cette inoculation, il pourrait être “exposé sans risque” à la modernité ou à toute autre forme de littérature. Je veux dire qu’il ne perdrait pas complètement la boule ou n’accorderait pas une importance ridicule à des œuvres d’intensité secondaire. Il aurait des axes de référence et, dirais-je, pourrait s’en remettre à eux. »  
 
Ezra Pound, Comment lire, traduction de Philippe Mikriammos, Éditions Pierre Guillaume de Roux, 2012.  
 
NB : How to read a été publié la première fois à Londres en 1931