Si je n’écris pas ce matin,
Je n’en saurai pas davantage,
Je ne saurai rien
De ce que je peux être.
•
J’ai l’habitude
De me considérer
Comme vivant avec les racines,
Principalement celle des chênes.
Comme elles
Je creuse dans le noir
Et j’en ramène de quoi
Offrir du travail
À la lumière.
•
Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
Il t’arrive des mots,
Des lambeaux de phrase.
Laisse-toi causer. Écoute-toi
Et fouille, va plus profond.
Regarde au verso des mots,
Démêle cet écheveau.
Rêve à travers toi,
À travers tes années
Vécues et à vivre.
•
Comme certaines musiques,
Le poème fait chanter le silence,
Amène jusqu’à toucher
Un autre silence,
Encore plus silence.
Guillevic, Art poétique, précédé de Paroi et suivi de Le Chant, Poésie/Gallimard, 2001, p. 147, 154, 166 et 177.
Une contribution de Tristan Hordé