
De parution trimestrielle, La presse Littéraire bénéficie d’une diffusion en kiosque. Elle vient s’ajouter à la longue liste des périodiques du groupe Robert Lafont. Forte de ces moyens peu communs dans le landernau revuistique, elle ne cède pas pour autant à la tentation d’un magazine « chic » abondamment illustré et pavé d’encarts publicitaires parmi des célébrations d’écrivains du top trente. Il s’agit bien d’une vraie revue littéraire d’un format de poche semblable aux autres revues, constituée de 160 pages bien « tassées » où n’apparaissent que de discrètes illustrations en noir et blanc. Voilà pour la fiche technique. Quant au contenu, La presse Littéraire ne consacre que quelques pages à la création – ici une nouvelle de Daniel Walther et la suite du feuilleton d’Humbert Louis –, préférant aborder la littérature au travers d’œuvres existantes, par le biais d’études, d’entretiens, de lectures critiques, de chroniques… Jean-François Foulon et Armand Chasle proposent deux plongées dans l’univers de Dostoïevski, revisitant, entre autre, l’adolescent, les frères Karamazov, les démons… Suit une rencontre avec Pierre-Guillaume de Roux, digne fils du regretté Dominique de Roux de qui il a hérité une passion pour la littérature qu’il exerce désormais aux éditions du rocher. Relecture encore de Kateb Yacine, « briseur de tabous ». Le cahier critique passe en revue de très nombreuses parutions. La presse Littéraire ne fait que quelques incursions dans le domaine poétique. On lira dans ce N°7 la tentation d’intrusion sur le front de la poésie de Gil Jouanard et la chronique poèmes en acte de Gwen Garnier-Duguy. Signalons aussi une « revue des revues » assurée par Jean-Jacques Nuel. Un seul bémol à cette publication : son prix élevé (19,50 €). Est-ce la condition de sa survie ? L’abonnement reste toutefois plus avantageux (60 € les 4 n°s).
©Alain Helissen
La presse Littéraire N°7 ; 6 bis rue Auguste Vitu, 75015 Paris