Anthologie permanente : Alessandro De Francesco

 

 

car si jamais il nous semblait vraiment impossible d’imaginer
ce qu’est la mort      il y a toujours les objets pour nous le rappeler

 

poupées             bibelots       fauteuils
et aussi les appareils électroménagers
comme toutes les autres machines activées par de l’énergie extérieure
et cette énergie             cette lumière
ne sentent pas             mais elles sont là

 

 

même une orange qui tombe de la fenêtre

 

roule pendant quelques mètres         éclate en morceaux sur la route et pourtant
il n’y a eu aucune douleur

 

 

che se mai ci sembrasse proprio impossibile immaginare
cos’è la morte      ci sono sempre gli oggetti a ricordarcelo

 

bambole        soprammobili      poltrone   
anche gli elettrodomestici
come ogni altra macchina attivata da energie esterne
e queste stesse energie                   questa stessa luce
non sentono               ma ci sono

 

 

persino un’arancia che cade dal finestrino

 

rotola per qualche metro     scoppia in pezzi sulla strada eppure
non c’è stato alcun dolore

 

*

 

et à la fin qu’est-ce que c’est que ce réel
car s’il n’est pas un quelque chose       il n’est pourtant pas un rien
parce que dans le manque de son
d’un après-midi opaque       ensoleillé
il y a cette douleur-là      que l’on ressent quand même

 

l’escargot      comme la baie
éclate sous le pas       le sac
à provisions s’abat sur le pavé
quand je rentre le soir fatigué
et le câble qui me lie au temps se décolore

 

et s’il est vrai qu’il n’y a que cette langue
dont on peut dire qu’elle est
(ou peut-être aussi la vie
dans son mouvement stupéfiant)
d’où vient alors qu’on ne peut pas penser le vide
sinon comme une forme       un récipient

 

 

e alla fine cos’è questa realtà
che se non è un qualcosa       non è neppure un niente
perché nella mancanza di suoni
di un pomeriggio opaco          assolato
c’è questo dolore qui       che comunque si sente

 

la chiocciola        come la bacca
scoppia sotto al passo       tonfa
sul selciato il sacco della spesa
quando torno a sera e sono stanco
e scolora il cavo che mi lega al tempo

 

e se è vero che questa lingua sola
la si può dire essente
(o forse anche la vita
nel suo stupefacente movimento)
allora da dov’è che non si pensa il vuoto
se non come una forma        un recipiente

 

 

Alessandro De Francesco, Lo spostamento degli oggetti - Le déplacement des objets, Traductions de Doriane Bier, Alessandro De Francesco et Laurent Prost, Vérone, Cierre Grafica / Anterem, 2008

 

bio-bibliographie d’Alessandro De Francesco

 

 

 

 

Index de Poezibao

Une de Poezibao


Sur simple demande à f.trocme@poezibao.com :
→ Recevez chaque jour de la semaine "l'anthologie permanente" dans votre boîte aux lettres électronique
ou
→ Recevez le samedi la lettre d’information, avec les principales parutions de la semaine sur le site (les abonnés à l’anthologie reçoivent automatiquement cette lettre)
• Merci de préciser "abonnement à l’anthologie" ou "abonnement à la lettre seule″