[anthologie permanente] Léon Deubel

 

Patrick Beurard Valdoye œuvre beaucoup pour la reconnaissance du poète Léon Deubel, disparu en 1913 (il se jeta dans la Marne, à l’âge de 34 ans). On peut lire cet article sur le site Sitaudis ou découvrir le dossier qu’il vient de consacrer au poète dans la dernière livraison de la revue Europe (n° 1008, avril 2013).  
 
 
Je travaille parfois… 
 
Je travaille parfois à naître 
D’un pays veiné de ruisseaux, 
Populeux de pins et de hêtres 
Et qui se décoche en oiseaux.  
 
C’est une terre recueillie 
Que la menace des hauteurs 
Rend grave à l’exemple des vies 
Sui qui pèse et fond le malheur. 
 
Entre les coteaux qui la bercent 
Du lent bercement de leurs blés, 
Elle apparaît, forte et diverse,  
Comme cent peuples rassemblés. 
 
Léon Deubel, revue Europe, n° 1008, avril 2013, p. 280.  
 
Bio-bibliographie de Léon Deubel 
 
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                                                   A R.-M. Clerfeyt 
 
                         Virtuose alangui des tympanons du soir 
 
 
O crapaud, que ta nuit est belle 
Par ton art sobre et trémébond, 
Et comme tu manquerais à elle,  
Rêveur, proscrit et vagabond !  
 
Lazzarone des Naples lunaires, 
Christ des infiniment petits,  
Morne Caïn des accroupis 
Chassé des marges de lumière, 
 
Affirme ta douceur têtue 
D’être angoissé qui s’évertue 
Derrière un nirvanah profond ;  
 
Moi, je m’endors à ton bruit sec, 
L’âme grise, la pipe au bec, 
Et le pâtis jusqu’au menton.  
 
Extrait de Sonnets intérieurs (Gallica : source, p. 9)